Fr – Programme 2019 : Jardins impressionnistes

Quatre œuvres magnifiques guideront vos pas à travers ce jardin impressionniste

Claude Debussy

  • Danse sacrée et danse profane (pour harpe et quatuor à cordes)
  • Prélude à l’après-midi d’un faune

Maurice Ravel

  • Ma mère l’Oye
  • Pavane pour une infante défunte

Les versions pour ensemble de chambre (quintette à cordes, quintette à vent et harpe) proposées par l’Heure de Musique ont été accomplies par des musiciens avertis, respectueux des intimes intentions des compositeurs. Elles réalisent avec des moyens légèrement différents les timbres et les couleurs propres à chaque œuvre.


Danse sacrée et danse profane de Debussy (1862-1918)
pour harpe et quatuor à cordes

Ces danses furent composées en avril-mai 1904, juste après la création de l’opéra Pelléas et Mélisande. Elles ont pour origine une commande de la firme Pleyel, dont le directeur Gustave Lyon (à qui l’œuvre est dédiée) avait breveté une harpe chromatique.

La partition de Debussy fut conçue comme morceau de concours de la classe de harpe du Conservatoire royal de Bruxelles en 1904. Son écriture modale, à l’archaïsme subtil et aux textures claires, n’est pas sans rappeler d’autres œuvres antiquisantes de Debussy (les Danseuses de Delphes, la musique de scène pour les Chansons de Bilitis ou la Tarentelle styrienne). La harpe est ici l’instrument soliste, les cordes tissant un écrin aux sonorités transparentes.

La Danse sacrée a l’allure d’une sarabande empruntée au compositeur portugais Francisco de Lacerda, lauréat en 1904 d’un concours de composition organisé par Le Figaro, dont Debussy avait été l’un des jurés. La Danse profane est une valse pleine de charme, qui tournoie indolemment.


Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy (1862-1918)

(arrangement de Takenori Nemoto)

Crédit photo : Par dalbera from Paris, France

En 1876, Mallarmé écrit son églogue, L’Après-midi d’un faune. Inspiré de cette haute poésie, Claude Debussy compose une dizaine de minutes d’une musique chatoyante, colorée, bouleversante de lyrisme, confondante de langueur et de sensualité. Debussy écrit dans le programme : « La musique de ce Prélude est une illustration très libre du beau poème de Stéphane Mallarmé. Elle ne prétend nullement à une synthèse de celui-ci. Ce sont plutôt les décors successifs à travers lesquels se meuvent les désirs et les rêves du faune, dans la chaleur de cet après-midi. Puis, las de poursuivre la fuite peureuse des nymphes et des naïades, il se laisse aller au sommeil enivrant, rempli de songes enfin réalisés dans l’universelle nature».

D’emblée, le Prélude à l’Après-midi d’un Faunes’impose comme un chef-d’œuvre absolu de ce siècle finissant : la première audition donnée le 22 décembre 1894 eut les honneurs rares du bis. Tant de lumières modulées, de rythmes décomposés, de souples arabesques laissèrent le poète interdit et charmé. Au lendemain de la première, il écrit au compositeur : « Votre illustration du Prélude à l’Après-midi d’un Faune ne présenterait de dissonance avec mon texte, sinon d’aller bien plus loin, vraiment, dans la nostalgie et dans la lumière, avec malaise, avec richesse… »
L’ambiguïté tonale du thème du faune joué à la flûte n’a d’égale que la volonté du compositeur à jouer avec une forme de sensualité. On a l’impression que la pièce est une longue improvisation sur les variantes du thème initial. Cette flûte, omniprésente, varie le thème en le faisant tourner sur lui-même. Dès lors, la forme apparaît spontanée et libre malgré une structure sous-jacente. Les tempi fluctuants, les rythmes irréguliers et les réminiscences inconscientes ou non, par exemple à  Shéhérazadede Rimski-Korsakov, soulignent encore cette sensation de légèreté. Les charnières sont gommées, le timbre devient l’élément primordial qui donne sa forme kaléidoscopique à l’ensemble. C’est dire que cette musique se veut libérée par rapport au temps musical. Nous nous trouvons ici à la charnière entre les derniers romantiques et la musique moderne, dans cette volonté de porter la musique vers nos symboles fondamentaux en suggérant mais sans raconter.
Le célèbre danseur Vaslav Nijinski  devait créer un événement inoubliable en 1912. Il manifesta son intime compréhension de la musique en y adaptant un style résolument moderne, fondé sur la sensualité et l’animalité, que venaient souligner des costumes somptueux. Depuis, elle est devenue l’une des œuvres les plus jouées au concert, plongeant chaque fois les auditeurs dans une bienfaisante félicité.


Ma Mère l’Oye de Maurice Ravel (1875 – 1937)
  • Pavane de la Belle au bois dormant (Lent – allegro – mouvement de valse modéré)
  • Petit Poucet (Très modéré)
  • Laideronette, Impératrice des Pagodes  (Mouvement de marche – allegro – très modéré)
  • Les Entretiens de la Belle et de la Bête  (Mouvement de valse modéré)
  • Le Jardin féerique (Lent et grave)

Il était une fois un roi et une reine qui étaient si fâchés de n’avoir point d’enfant… Ravel, qui adorait les enfants, évoque ce célèbre conte dans la Pavane de la Belle au bois dormant, qui fait partie de la suite appelée Ma Mère L’Oye, composée en 1908 pour les enfants de ses amis Godebski, Jean et Mimie, âgés de 6 et 10 ans. Après avoir évoqué le sommeil éternel de la Belle au bois dormant, Ravel décrit dans la pièce suivante l’angoisse du Petit Poucet perdu dans la forêt par une mélodie au cheminement sinueux. Laideronnette, Impératrice des Pagodes, Les Entretiens de la Belle et de la Bête et Le Jardin féerique viendront compléter ce retour en enfance. Que ce soit dans sa version pour quatre mains ou pour orchestre, la suite ne cesse d’être jouée par les plus grands artistes.

Les musiciens de « L’heure de Musique » en proposent une version pour onze instruments réalisée par Wolfgang Renz tout en délicatesse et raffinement.

Les « Contes de Ma Mère l’Oye »

« Contes de ma mère l’Oye »  est un recueil de huit contes de fées de Charles Perrault paru en 1697, sous le titre Histoires ou contes du temps passé, avec des moralités, avec cet autre titre au dos : Contes de ma mère l’Oye. L’œuvre est devenue un classique de la littérature enfantine, occultant tout le reste de la production littéraire de son auteur.

Les Contes de ma mère l’Oye paraissent à une époque où, de façon éphémère, le genre des contes de fées est en vogue chez les adultes des milieux bourgeois et aristocratiques. Mais paradoxalement, aucune œuvre de ce genre n’existe pour les enfants. Seul un fonds de récits est colporté oralement par les nourrices et les bonnes d’enfants venues de la campagne pour travailler dans les villes.
(Wikipedia)


Le programme « Jardins impressionnistes » a été donné :

  • Jeudi 2 mai 12h15 : Antwerpen / Anvers (B)
    Sint Laurentiuskerk, Vanschoonbekezstraat
  • Mercredi 28 août 12h15 : Bruxelles (B)
    Festival Musicorum – Musée Royal des Beaux Arts de Bruxelles – 3 rue de la Régence
  • Samedi 21 septembre 15h : Roubaix (F)
    Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine
    Chapelle du Monastère des Clarisses, 2 rue de Wasquehal
  • Dimanche 13 octobre, Liège, Musée de la vie wallonne
  • Dimanche 20 octobre, Forest, Eglise Saint Denis
  • Dimanche 17 novembre 17h : Centre Culturel Colfontaine (B)
  •  Samedi 30 novembre, Marche en Famenne